Partout en France bien des grands ensembles sont vus comme des structures fermées sur lesquels les différentes politiques de résorption sur plusieurs décennies n’auront que trop rarement fonctionné. Depuis 2003 l’Agence Nationale de rénovation Urbaine a signé 399 conventions pour la mise en œuvre d’actions sur les « quartiers sensibles » dans le cadre du Plan National pour la Rénovation Urbaine avec des moyens techniques et financiers importants où l’on est plus souvent parti d’une recomposition radicale que d’une restauration-transformation dans une analyse fine de ces quartiers.
Comment intégrer les grands ensembles à la ville durable ? Quels critères de durabilité pour ces morceaux de ville qui accueillent souvent plusieurs milliers d’habitants ? Comment en partant de ceux qu’ils sont, de leur identité habitante, de leurs qualités de composition dont constructives, de nature et de paysage, imaginer des transformations motivées, sensibles et raisonnées, à la fois respectueuses des permanences et ouvertes aux changements ?
Cette recherche recouvre donc une dimension de projet interdisciplinaire et trans-scalaire autour des notions de mixité, nature et énergie vue au travers de la question des usages et du temps.

La cartographie sera pour cette recherche un outil d’expérimentation essentiel. Elle nous permettra de lire et comprendre les grands ensembles dans toutes leurs dimensions. Plusieurs données seront visualisées et confrontées aux indicateurs qualitatifs relevant de l’analyse sensible et anthropologique, qui sera menée in situ (explorations, photos, vidéos, entretiens avec les usagers, etc…). Parallèlement, nous réaliserons une étude comparative de sites et projets européens analogues au notre et, dans le cadre de l’enseignement de projet, nous testerons nos hypothèses par les outils du projet architectural et urbain.


Rémi Papillault, architecte, docteur en histoire EHESS, professeur hdr ENSAT Audrey Courbebaisse, architecte, docteur en architecture, maitre-assistant associée ENSAT