L’objet de cette recherche était de relever les catégories temporelles utilisées par les différents acteurs d’une création urbaine : la ville nouvelle du Mirail près de Toulouse dans les années 60. Comment, les architectes, les politiques, les administrateurs qui ont eu à concevoir cette ville nouvelle se positionnaient par rapport au temps? Comment intégraient-ils la contrainte de temps : passé, présent, futur ? Pour établir ce relevé des temps de l’urbanisme à travers l’opération du Mirail, nous avons eu la chance de pouvoir interroger la plupart des acteurs de l’opération. Une chance, parce que Le Mirail c’est déjà de l’histoire, mais une histoire tellement proche qu’il nous est encore possible grâce aux entretiens de ressentir la passion, les motivations et le non-dit de chacun, choses généralement occultées dans les publications spécialisées de l’époque. Toulouse le Mirail, le miroir en occitan, renvoie à la vieille ville l’image de la modernité. Le projet ne tardera pas en passant de la conception à la réalisation à quitter le champ de l’intemporalité du Mouvement Moderne pour affronter le temps. De ce choc, elle sortira perdante, les ruptures temporelles, les désynchronisations étaient trop importantes : la rue-dalle perdra son statut d’ossature permanente de l’extension, les coursives seront bouchées, les parkings fermés, le plan et son esprit seront abandonnés.  Candilis, Josic et Woods, pour les projets postérieurs à l’échec du Mirail, retiendront la leçon en présentant pour les plans de ville plus des principes d’extension que des formes finies.

      

Équipe: Rémi Papillault
Maître d'ouvrage: Bernard Lepetit, Plan Urbain, Ministère de l’Équipement

BIBLIOGRAPHIE
"Toulouse le Mirail, 1962-1972, les temps de l'urbanisme", Enquête d'histoire orale, Plan Urbain. METT, Direction de B. Lepetit