Le nombre de consultations infructueuses sur ce site témoigne de la résistance du lieu à se laisser prendre car à priori son inclination est de rester inaccessible. Dans le flamboiement de la lumière du soir nous pouvons, sous le couvert des platanes et dans la lumière du bord de l’eau nous mettre en contact direct avec une nature apaisée, celle de l’eau étale du bassin Garonne. Cette dichotomie entre la flamboyante accessibilité de la rive droite et l’austère inaccessibilité de la rive gauche fonde un des caractères essentiels de la beauté de notre ville au travers de : l’idée d’un passage « volé » au site, la reprise de la matière et de l’écriture industrielle de la passerelle existante, l’utilisation du faible écart d’altimétrie entre la rive Viguerie et le jardin Raymond IV et par là même faire l’économie d’un ascenseur handicapés, la mise à profit de ces passages pour « scénographier » des lieux différenciés, se glisser dans les failles existantes, dans l’épaisseur de la matière historique pour trouver des passages, essayer avec une forme géométrique simple d'ordonner le site. Le génie du lieu se cache souvent dans le bizarre.


Concours pour une passerelle sur le fleuve Garonne à Toulouse
Équipe: Rémi Papillault (architecte), D. Palacios (architecte associé),
SETI (bureau d’étude)

Maître d'ouvrage:Ville de Toulouse, Coût: 1,5 Millions d’Euros.

BIBLIOGRAPHIE
« Le concours pour la Passerelle Garonne », Plan Libre, 2004.